Programme du colloque

Mercredi 16 novembre 2011

(Salle Académique)

9h15 : Accueil

Séance 1 - Préambule

9h30 : Erwin Dejasse (Université de Liège), Figures et lieux de l’alternative : un état des lieux.

10h10 : Tanguy Habrand (Université de Liège), Édition établie, édition indépendante, édition sauvage : une approche institutionnelle.

10h50-11h10 Pause

Séance 2 - Rompre par le genre

11h10 : Pascal Lefèvre (Sint-Lukas Brussel & K.U.Leuven), Documentary comics, a typical genre of independent comics publishing?

11h50 : Catherine Mao (EHESS), La fortune d’un lexique : la bande dessinée autobiographique.

12h30-14h00 Pause

Séance 3 - Autoédition et Mythe des origines

14h00 : Sylvain Lesage (Université de Versailles-Saint-Quentin), Aux sources de l’indépendance ? L’auto-édition dans l’espace franco-belge, années 1970-1980.

14h40 : Christian Gast (Université de Cologne), Establishing Comix : Meet R. Crumb, the Magnate !

15h20 : Harry Morgan, Comment patrimonialiser des classiques de l’underground quand on fait une maison d’édition sur un coin de table ?

16h00-16h20 Pause

Séance 4 - Rencontre avec un auteur-editeur

16h20 : Thierry Van Hasselt (Co-fondateur des éditions Fréon devenues Frémok – Bruxelles)

En soirée : Repas facultatif au restaurant.

Jeudi 17 novembre 2011

(Salle Des Professeurs)

9h15 : Accueil

Séance 1 - Un mouvement planétaire

9h30 : Aleksandra Sekulic (University of Arts, Belgrade), Fanzine culture in Serbia – continuous flux of alternative : from Punk to Facebook.

10h10 : Pierre-Nicolas Van Aertryck (Université Saint-Joseph, Beyrouth), La bande dessinée libanaise : miroir grossissant / déformant de la production occidentale.

10h50-11h10 Pause

Séance 2 - La Flandre et les Pays-Bas

11h10 : Gert Meesters (Université de Liège), The reincarnation of independent comics publishing in Flanders.

11h50 : Rudi de Vries (University of Groningen), Pragmatic dependence or splendid isolation? The ambiguous position of independent comics publishers in the Netherlands.

12h30-14h00 Pause

Séance 3 - Le bassin anglo-saxon

14h00 : Aurélien Pigeat (Université de Paris III & VII), « Graphic Novel » contre « Comics mainstream » : deux itinéraires comme révélateurs de l’opposition.

14h40 : Charles Hatfield (California State University, Northridge), Do Alternative Comics Still Exist in North America ?

15h20 : Paul Gravett, States of Independence : The Shifting Landscape of British Independent Comics.

16h00-16h20 Pause

Séance 4 - Rencontre avec un auteur-editeur

16h20 : Jean-Christophe Menu (co-fondateur de L’Association et fondateur de L’Apocalypse – Paris)

En soirée : Projection de Poulet aux prunes de Marjane Satrapi au centre culturel Les Grignoux. Présentation du film par Dick Tomasovic et Björn-Olav Dozo (Université de Liège).

Vendredi 18 novembre 2011

(Salle Des Professeurs)

9h15 : Accueil

Séance 1 - Médiations de l’indépendance

9h30 : Benoît Berthou (Université de Paris XIII), Pour une autre commercialisation de la bande dessinée : Étude sur La Gazette du Comptoir des indépendants.

10h10 : Camille Escoubet, La bande dessinée indépendante exposée : Nouvelles tendances de la mise en exposition de la bande dessinée.

10h50-11h10 Pause

Séance 2 - Pérennité de l’alternative

11h10 : Sébastien Conard (Saint-Luc Gand & K.U.Leuven), Historical avant-garde and comics.

11h50 : Thierry Groensteen, De l’An 2 à Actes Sud, une alternative à l’alternative.

12h30-14h00 Pause

Séance 3 - Réinventer l’indépendance

14h00 : Jean-Matthieu Méon (Université Paul Verlaine-Metz), Le champ de la bande dessinée alternative nord-américaine et ses redéfinitions contemporaines : Pratiques éditoriales et discours critiques de l’éditeur PictureBox.

14h40 : Anthony Rageul (Université de Rennes), Comment l’appropriation des technologies par les auteurs peut-elle caractériser une bande dessinée numérique « alternative » ?

15h20-15h40 Pause

Séance 4 - Rencontre avec un auteur-editeur

15h40 : Jimmy Beaulieu (Co-fondateur des éditions Mécanique Générale et Colosse – Montréal)

En soirée : 18h : Vernissage de l’exposition « JC Menu » à la librairie Livre aux Trésors.

21h : Soirée de clôture au MadCafé animée par

DJ Fil Plastic, John Cockerill, et JC Menu.

Rencontre-Débat avec Alex Barbier

Rencontre-Débat avec Alex Barbier animée par Erwin Dejasse

Université de Liège,  Salle Wittert (09/09/2011)

lycaons

Alex Barbier est une figure fondamentale de la bande dessinée. Au milieu des années 70, par aissent, dans la mythique revue Charlie mensuel, deux créations révolutionnaires : Lycaon puis Le Dieu du 12. Celles-ci frappent d’abord par leur traitement pictural totalement inédit. Barbier peint directement sur la planche, étalant prestement des masses d’encre colorées. Son esthét

ique se situe aux antipodes des canons habituels de la bande dessinée et évoque plutôt celle de peintres comme Francis Bacon ou Gustave Courbet. Revendiquant aussi l’influence de William S. Burroughs, la narration se désagrège ; ses créations relèvent d’une forme de poésie visuelle hallucinatoire hantée par une sexualité morbide.

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Après l’explosion créative des années 70, la décennie suivante est marquée par un repli sur les formules les plus éprouvées. Aucun éditeur n’accepte de le publier Alex Barbier. Il se consacre pour l’essentiel à la peinture et à son bistrot à Fillols dans le massif du Canigou.

Avec les années 90, émerge une nouvelle génération de créateurs désireuse de réinventer les formes de la bande dessinée. L’œuvre de Barbier connaît, dès lors, un regain d’intérêt et sort de son purgatoire forcé. Comme un poulet sans tête et Les Paysages de la nuit paraissent aux éditions Delcourt. Suit, à partir de 1998, la trilogie Lettres au maire de V. chez l’éditeur indépendant bruxellois Frémok, lequel revendique désormais Alex Barbier comme une figure tutélaire.

Après la rencontre, à 18h30, aura lieu, à la librairie Livre aux trésors (rue Sébastien Laruelle, 4) le « dévernissage » de l’exposition Alex Barbier : planches brûlées. Il s’agit, pour l’essentiel, des pages originales du Dieu du 12, ouvrage qui vient d’être réédité par le Frémok. Celles-ci ont connu un destin tragique. Au début des années 80, un individu, dont l’identité et les intentions demeureront sans doute définitivement obscures, a mis le feu à l’atelier de l’artiste. Ces originaux, détériorés par le flammes et l’eau des lances à incendie, n’en dégagent pas moins une étrange beauté paradoxale.

 Voir la vidéo de la rencontre-débat.

Call for papers – 2011

INDEPENDENT

 COMICS WORLDWIDE

 DRAWING A LINE / ESTABLISHING CONNECTIONS

Summary

The comics research group ACME (University of Liege) is pleased to present their forthcoming conference entitled “Independent Comics Worldwide. Drawing a Line / Establishing Connections”. Held at the University of Liege, Belgium, from Wed 16 to Fri 18 November 2011, the conference seeks to discuss comics (including graphic novels) from all over the world in their most innovative, subversive or dissident manifestations by focusing on the publishing structures – independent or claiming to be – hosting them.

Discussion

As a consequence of the rationalizing of means in the publishing business, in concert with the emergence of new participants in the sector (heavy industry, communication groups, investment banks), a more profit-oriented mentality has severely changed the principles governing the production and distribution of cultural goods in the last quarter of the twentieth century. The demand for economic guarantees now underpins harsher editorial gatekeeping practices and has created a threshold for works that are deemed less likely to bring in the financial revenues the publisher counts upon.

Reacting against such economic strategies, new structures have surfaced in order to challenge the existing system. Whether they are called “independent”, “alternative”, “underground” or “avant-garde”, these initiatives share a common goal in their activities. They are dedicated to the development of an original catalogue, in which thematic and aesthetic otherness is considered a plus. Moreover, they firmly believe in the “small is beautiful” approach to publishing.Following the examples set by painting, cinema and music, the publishing business, in its broadest sense, thus seems to have reached a point of self-contradiction.

Part and parcel of the publishing industry, comics have likewise undergone the effects of the janus-headed couple commercialization/rebellion and the fracturing of allegiance it entails. In the Franco-Belgian scene of the 1990s, a wave of independent publishing houses such as L’Association, Cornelius, Amok, Fréon, ego comme x or Les Requins Marteaux, defended the possibility of a “different” kind of comics. Assuredly, these publishing structures had their precursors, one thinks for instance of Futuropolis, les Éditions du Fromage, Audie or Artefact and their attempts at contravening a status quo established by an order all too intent on defending its own premises. Unprecedented in the 1990s was the emergence of a group of self-conscious publishers whose raison d’être was, and still is, a willingness to counterbalance the massive industrialization of comics. This group — or should we call it a generation — drew a line under standardized business practice, under traditions and codes of mainstream comics, but also established its own connections with chosen predecessors, local peers or similar enterprises abroad.

Straddling all frontiers, similar reactions against the norm have emerged elsewhere. The underground movement that developed in the U.S. at the end of the 1960s, for example, has given rise to important publishers such as Kitchen Sink Press or (a little later) Fantagraphics Books. From the 1980s onwards, these publishers were home to “alternative” comics. The authors of these comics went on to become key figures of the “graphic novel”. But apart from new authors, this new kind of publishers also reprinted and rehabilitated chosen predecessors. Moreover, professional self-publishing and a vivid scene of “minicomics” — either xeroxed or published online — have extended the field of possibilities for American cartoonists who wanted to make comics without resorting to the ubiquitous studio system.

Without denying the particularities of each geographic area, it can nevertheless be affirmed that the independent movement in comics is currently a worldwide phenomenon, in the Dutch speaking part of Belgium, in Italy or Switzerland and, outside Europe as well, in Asia, America or even South Africa.

Inspired by this creative rebirth, the conference “Independent Comics Worldwide. Drawing a Line / Establishing Connections” seeks to discuss comics and graphic novels from all over the world in their most innovative, subversive or dissident manifestations by focusing on the publishing structures – independent or claiming to be – hosting them.

A first panel of the conference will discuss the concepts that are called upon to make sense of this new aesthetic vitality in comics. However interchangeable they may seem to be, the terms “independent”, “alternative” “underground” or “avant-garde” (often set in contradistinction with “mainstream” or the French “BD”) are not devoid of connotations or prejudices in certain types of discourse. Unravelling the complexities of this terminological profusion and the agenda behind its uses becomes therefore an urgent task.

A second panel will analyse the stylistic and thematic similarities and contrasts that can be observed among countries and regions, as well as independents in distinct publishing houses. On a formal level, possible points of comparison include the increased page count, the preference for black and white and/or for pictorial or minimalist drawing styles, and so on. On a thematic level, the tendency towards introspection, the exploration of unfamiliar types of realism, the inclination towards political activism or towards gender-related themes are possible angles from which to approach the production of both authors and publishing houses.

A third panel will tackle the socioeconomic and political aspects of independent comics worldwide. Possible topics are the nature of the independent character in relation, for instance, to a powerful industry, an insecure market or an intrusive authority, the diversity of technical methods used by the publishing structures (production, distribution and commercialization), the appreciation of and support for these structures by public institutions (if any), the collaborative efforts made by these structures (if any), the possibilities of contacts abroad (translation or others: rights markets, festivals, informal contacts) or the ways to legitimize and collect their aesthetic experimentations (targeted anthologies, book fairs and festivals or thematic exhibitions).

Please e-mail anonymous abstracts of about 300 words (in English or French) to acme2011@ulg.ac.be before March 15th, 2011. Please send one file (MS Word or pdf) with the abstract on one page and the contact details on another.

Notification of acceptance: May 1st, 2011.

Conference languages: English and French.

 

Appel à contributions – colloque 2011

FIGURES INDÉPENDANTES

DE LA BANDE DESSINÉE MONDIALE

 TIRER UN TRAIT / TISSER DES LIENS

 Résumé

 Le groupe de recherche sur la bande dessinée ACME (Université de Liège) organise en novembre 2011 un colloque sur le thème « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale. Tirer un trait / Tisser des liens. ». L’ambition de ce colloque est d’aborder la bande dessinée dans ses manifestations les plus novatrices, subversives ou dissidentes, à l’échelle mondiale, en se focalisant sur les structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ».

 Argumentaire

 À la faveur d’un double mouvement de rationalisation et de concentration dans l’industrie du livre, mais aussi de la participation d’acteurs d’un genre nouveau au sein du secteur (industrie lourde, groupes de communication, fonds d’investissement), les principes qui gouvernent la production et la diffusion des biens culturels ont évolué, dans le dernier quart du xxe siècle, dans le sens d’une attention accrue à la rentabilité. Cette exigence a contribué à durcir les critères de la sélection éditoriale en érigeant une barrière à l’entrée pour des œuvres peu susceptibles d’apporter les retombées financières escomptées.

 Face à un tel élan, des structures nouvelles ont vu le jour qui ont fait le pari de combler les lacunes du système en place. Qualifiées d’« indépendantes », « alternatives », « underground » ou encore « d’avant-garde », ces initiatives se sont polarisées autour d’une conception commune du métier, activité — sinon activisme — vouée à la culture d’un catalogue original, dans un imaginaire de l’altérité contre le conformisme, sur le mode du small is beautiful. Après la peinture, le cinéma ou la musique, l’industrie du livre est ainsi passée à son tour à l’heure du grand retournement, de la littérature à l’essai en passant par le livre de jeunesse, ce moment où l’industrie semble générer sa propre contradiction.

 La bande dessinée, en tant que secteur du marché du livre, n’a pas échappé à ce couple marchandisation/rébellion. Dans les années 1990, avec des structures telles que L’Association, Cornelius, Amok et Fréon, ego comme x ou les Requins Marteaux, une vague d’indépendants s’est faite le porte-drapeau d’une « autre » bande dessinée dans l’espace franco-belge. Sans doute un tel mouvement a-t-il des antécédents : Futuropolis, les Éditions du Fromage, Audie ou Artefact avaient eux aussi montré l’exemple d’une édition en rupture avec l’ordre établi. Inédite cependant, dans les années 1990, est l’apparition d’une collectivité d’éditeurs consciente d’elle-même, dont la raison d’être et le repoussoir seront et resteront l’industrialisation de plus en massive de l’édition de bande dessinée ; une collectivité, sinon une génération, qui en même temps qu’elle allait tirer un trait (sur les figures, les codes et les lieux de la standardisation), allait aussi tisser des liens (avec des ancêtres choisis, avec des pairs locaux, avec des homologues à l’étranger).

 De pareilles observations pourraient être faites pour l’édition de bande dessinée hors de ce seul espace. Le mouvement underground qui se développe vers la fin des années 1960 aux États-Unis a donné lieu à d’importants éditeurs tels que Kitchen Sink Press ou Fantagraphics Books. S’y sont développés, à partir des années 1980, une bande dessinée dite « alternative » — dont les auteurs allaient devenir les figures de proue du « roman graphique » — en même temps qu’un travail de patrimonialisation ou de réhabilitation de prédécesseurs choisis. Sur un mode plus artisanal, l’auto-édition et un microcosme reposant sur la diffusion de « minicomics » photocopiés ou en ligne ont enrichi le champ des possibles de tout auteur désireux de s’imposer en marge du studio, omniprésent outre-Atlantique.

 De l’espace franco-belge aux États-Unis en passant par la Belgique néerlandophone, l’Italie ou la Suisse, de l’Europe du Nord ou centrale à l’Asie en passant par l’Afrique du Sud, des tendances communes émergent sur fond de particularités locales et semblent bien témoigner d’un phénomène mondial.

 Fort de ce renouveau créatif, le colloque « Figures indépendantes de la bande dessinée mondiale. Tirer un trait / Tisser des liens » entend interroger la bande dessinée dans ses manifestations les plus novatrices, subversives ou dissidentes, à l’échelle mondiale, en se focalisant sur les structures éditoriales qui relèvent ou se réclament entre autres dénominations de « l’indépendance ».

 Un premier volet sera consacré à la discussion des concepts mis en place pour désigner les forces de renouveau de la bande dessinée à l’échelle internationale. Pour interchangeables qu’ils puissent paraître au premier abord, les termes « d’indépendance », « d’alternative », « d’underground » ou « d’avant-garde » (de l’autre côté du spectre, de « mainstream » ou de « BD ») sont lourds à la fois de présupposés et de connotations, et se trouvent mobilisés dans des contextes d’action bien spécifiques. Épingler les avatars de ce lexique, discuter la variété de ses définitions et de ses usages, constituera un premier enjeu.

 Un second volet portera sur l’analyse des similitudes et des contrastes tant stylistiques que thématiques observés au sein de l’édition indépendante. L’abandon de la couleur, l’évolution du dessin dans une voie picturale ou minimaliste, l’augmentation significative de la pagination des albums ; mais aussi une forte propension à l’introspection, à de nouvelles formes de réalisme ou encore à l’engagement (critique sociale, positionnement politique, revendications culturelles des minorités), constituent autant de choix de forme ou de contenu qu’il convient d’interroger horizontalement.

 Un troisième volet portera sur les dimensions socio-économique et politique de la bande dessinée indépendante internationale. L’analyse comparative envisagera des aspects tels que la nature de l’indépendance (en regard d’une industrie toute-puissante, d’un marché balbutiant, d’un État intrusif), la diversité des dispositifs techniques mis en œuvre par les structures (fabrication, diffusion, commercialisation), leur reconnaissance et soutien éventuels de la part des pouvoirs publics, la fédération ou non de ces entités, les possibilités d’échanges en matière de traduction à l’échelle internationale (foires, salons, contacts informels) ou encore les moyens développés pour légitimer et rassembler ces expériences (anthologies ciblées, foires et salons, ou encore expositions thématiques).

 Procédure

 Les propositions de communications doivent être envoyées à l’adresse acme2011@ulg.ac.bepour le 15 mars 2011 au plus tard. L’envoi comportera d’une part un résumé anonyme de 300 mots environ, d’autre part une fiche signalétique détaillée. Ces documents pourront se presenter au format doc ou pdf.

 Réponse du comité de sélection : le 1er mai 2011.

 Les communications se tiendront en anglais ou en français.

Intervention de Frédéric Paques

« Jeux d’Ayroles : Systèmes, contraintes et explorations dans le travail de François Ayroles » (Université de Liège, 24 novembre 2009)

Au sein de l’Association, François Ayroles creuse son sillon de manière quasi obsessionnelle : celui d’une bande dessinée sous contrainte, épurée de tout élément hétérogène au « code » (Nous pensons ici particulièrement aux Parleurs, Penseurs et Lecteurs, voire aux Amis). Il établit ou emprunte une série de systèmes et met au point des modes d’utilisation inédits : à tel point que la structure de son travail semble en être la première justification. Son Oeuvre transpire une réflexion théorique, qui n’est pas sans rappeler certains des thèmes présents dans les ouvrages de Thierry Groensteen, grand théoricien du médium. Et pour cause : entre 1989 et 1992, François Ayroles suit les cours de l’atelier de bande dessinée de l’école des Beaux-Arts d’Angoulême, où il suit les cours de Groensteen. Le théoricien participe aussi durant cette même période à la création de l’OuBaPo (Ouvroir de Bande dessinée potentielle). Ayroles y est convié dès ses débuts et en devient l’une des chevilles ouvrières.

Même lorsqu’il ne travaille pas au sein de ce groupe d’expérimentation créative, il s’impose des contraintes qui jouent sur le rapport du texte à l’image, du son au silence. Cette dichotomie va former la base de la grande majorité de ses histoires, aussi bien dans la forme que dans le contenu. Pourtant, le tour de force d’Ayroles est de réussir à produire autre chose que des mécaniques bien huilées, dont la finalité serait purement théorique et donc relativement vaine. Les systèmes de narration ou les contraintes sont féconds en ce qu’ils donnent à ses bandes dessinées un ton très personnel. Ce que l’expérimentation apporte, chez Ayroles, c’est exactement ce que relève Groensteen lorsqu’il analyse l’apport de la bande dessinée de l’OuBaPo : « susciter sur le médium un regard plus averti, […] inviter à une lecture plus vigilante, plus investigatrice et plus réflexive. » (cf. Thierry Groensteen, « Ce que l’Oubapo révèle de la bande dessinée », dans 9e art, n° 10, p. 73).

Intervention de Tanguy Habrand

“L’Association dans les champs de l’édition, de la bande dessinée et de l’indépendance. Émergence et trajectoire” (Université de Liège, 26 février 2009)

En deux décennies, le succès de L’Association a contribué à consolider la reconnaissance de la bande dessinée, tant auprès d’un public déjà convaincu que dans son extension à un nouveau lectorat. Pour la première fois dans l’histoire du médium, une structure éditoriale allait en effet, dans la durée, faire de son catalogue un espace d’expérimentation et de réflexion sur les possibilités de la bande dessinée au point de devenir le symbole, largement suivi, d’une génération.

La réussite de l’entreprise ne doit pas, pour autant, conduire à un discours essentialiste qui la détacherait de tout contexte. Situer l’émergence de L’Association dans le champ éditorial global qui a vu, dans les années 1990, le développement des éditeurs dits « indépendants » (dans les secteurs de l’essai ou de la littérature), offre un premier élément de compréhension. Plus spécifiquement, une analyse de l’apparition et de la trajectoire de L’Association d’un point de vue socio-économique à l’échelle, cette fois, du champ de la bande dessinée, permet de mieux identifier l’originalité du projet et ses tensions. Prise entre la volonté de poursuivre le travail de Futuropolis et celui de faire du passé table rase, entre un développement économique et la revendication d’une absence de but lucratif, entre le fait de réveiller la bande dessinée et d’être le réveil de la bande dessinée, L’Association consiste en un projet complexe dont la seule étiquette d’avant-garde, réclamée par l’un de ses fondateurs, Jean-Christophe Menu, peine à rendre compte.

Au terme d’un retour aux sources (catalogues, documents destinés aux adhérents, articles et entretiens dans la presse) et aux choix éditoriaux de L’Association, se dessine une histoire non linéaire qui illustre les étapes d’un projet certes révolutionnaire, mais irréductible à son discours d’escorte.